ApusAPS
L’Oiseau de Paradis est une petite constellation discrète du ciel austral profond, coincée entre le Triangle Austral et l’Octant. Aucune étoile brillante, mais elle a un privilège rare : elle ne se couche jamais.
Position réelle dans notre ciel
Vue de Nouméa (22° 17′ S), elle culmine à 36,2° au-dessus de l’horizon, et reste 24,0 h sur 24 au-dessus de celui-ci. Elle passe au méridien à minuit vrai autour du 25 mai, et domine nos soirées de juin à août. Une partie d’elle est circumpolaire : ce morceau-là ne se couche jamais.
Vue de Nouméa, elle culmine à 36° au-dessus de l’horizon sud et tourne 24 heures sur 24 autour du pôle : elle est toujours là, quelque part. Les meilleurs mois pour l’observer haute sont juin à août. Ne cherche pas de forme évidente : elle se repère surtout par la position, entre le Triangle Austral et le pôle sud céleste.
Catalogue OpenNGC
| Objet | Nom usuel | Type | Mag. | Taille |
|---|---|---|---|---|
| IC 4499 | Amas globulaire | 8,6 | 5,1′ | |
| NGC 6101 | Amas globulaire | 10,1 | 4,5′ | |
| NGC 5833 | Galaxie | 11,9 | 3,1′ | |
| NGC 5612 | Galaxie | 12,1 | 1,94′ | |
| NGC 5967 | Galaxie | 12,2 | 2,37′ | |
| NGC 6392 | Galaxie | 12,3 | 1,94′ |
Deux amas globulaires, IC 4499 et NGC 6101, tous deux à la portée d’un petit télescope.
Les repères du dessin
| Étoile | Nom | Mag. | Distance | Nature |
|---|---|---|---|---|
| α | Paradys | 3,83 | 430 al | Géante orange |
| γ | 3,86 | 150 al | Géante jaune | |
| β | 4,24 | 149 al | Géante orange |
α Apodis (+3,83) est une géante orange, la plus brillante d’un ensemble qui n’en compte que quelques-unes au-dessus de la magnitude 5. Trois étoiles, α, γ et δ, forment un petit triangle allongé qui constitue toute la figure reconnaissable.
D'où vient son nom
Elle n’a pas de mythologie ancienne. Elle a été inventée à la fin du XVIᵉ siècle par les navigateurs néerlandais Pieter Keyser et Frederick de Houtman, qui cartographiaient le ciel austral, et nommée d’après les oiseaux de paradis de Nouvelle-Guinée — dont les peaux, envoyées en Europe sans pattes, firent croire qu’ils ne se posaient jamais.
À raconter
Sur les cartes anciennes, l’Oiseau de Paradis est souvent dessiné sans pattes. Les premières peaux rapportées de Nouvelle-Guinée en Europe étaient préparées sans membres inférieurs, et les naturalistes en ont conclu que ces oiseaux volaient sans jamais se poser.
Elle fait partie des douze constellations « néerlandaises » créées d’un coup à la fin du XVIᵉ siècle : c’est le plus grand ajout d’un seul tenant qu’ait connu la carte du ciel.